10/02/2009

De l'efficacité d'un "book trailer" belge

elle




Une petite page d'e-marketing, pour ceux que cela titille.

La question est dans l'air: quel est l'impact d'une bande-annonce de livre?
Il est trop tôt pour tirer des conclusions, mais je peux déjà faire le point sur une campagne de 15 jours.

Il y a deux semaines, je lançais donc le book trailer "Les Minutes célibataires" sur Internet. Diffusé sur la plateforme de Skynet, ce film d'une minute quarante a bénéficié d'une large audience dès le début. Rien que sur YouTube, 6438 personnes à l'heure qu'il est ont vu la vidéo. D'autres chiffres seront à analyser, que ce soit via Facebook ou sur les plateformes comme Dailymotion ou La Libre Belgique. Pour simplifier les choses, j'ai regroupé les upload de ma vidéo sur le site http://www.tubemogul.com/ afin de pouvoir analyser les stats des différentes plateformes d'après une seule source.

Le buzz semble prendre en Belgique
Voici, en deux semaines, les articles et interviews qui parlent de mon livre, avant même qu'il soit en librairie:

Radio nationale belge:
Matin Première, Comme un lundi, par Damien Vanacther : chronique
Pure FM, Cédric Godard « On n’est pas des anges”
 
Presse Web :
Le Soir en ligne
Le Vif en ligne
La DH
Elle.be 

Blogs à large audience:
Brice Le Blévennec
Denis Balencourt
Damien Vanachter
Anaïs Valente
Patrick Dion (Canada)
Somebaudy

Des résultats de visibilité plutôt satisfaisants pour un livre qui ne sortira que le 16 février en librairie.

PS: La semaine prochaine s'annonce bien: plusieurs interviews radio et une télévisée, deux autres pour la presse "papier". Ceci dit, les journalistes de la presse traditionnelle non spécialisée ont été contactés par mon éditeur, Luce Wilquin, et je m'en réjouis. Je ne m'occupe que du côté Internet et c'est déjà beaucoup. Vais devoir prendre quelques congés pour gérer...

Commentaires

Bonjour Valérie,
Une question me turlupine en lisant ce que tu écris au sujet du "succès" du trailer : penses-tu que ce soit la vidéo elle-même qui justifie ces retombées ou le fait que tu connais personnellement la plupart des journalistes et blogueurs qui en ont parlé ? Imagine deux secondes qu'au lieu d'un trailer tu aies proposé un exemplaire dédicacé à Benoît XVI aux enchères sur eBay, tu aurais eu exactement les mêmes recensions. Elles n'ont pas grand chose à voir ni avec le livre ni avec le film, elles sont dues avant tout à tes contacts (notamment suite à ton premier livre). Il ne faut pas confondre les causes et les conséquences. Ce n'est pas ton trailer qui a provoqué ces commentaires médiatiques, c'est ce réseau de commentateurs médiatiques qui t'a amenée à ajouter un trailer vidéo à ton livre. N'es-tu pas du même avis?
Bonne chance pour ton livre,

Nicolas

Écrit par : Nicolas Ancion | 14/02/2009

Débat Bonjour Nicolas,
J’aurais aimé que tu me dises si le film te plaît ou pas et pourquoi mais voilà ;-) Merci pour l’encouragement et la question. Des amis sur la Toile, quel blogueur n'en a pas? La définition de la blogosphère englobe la notion de réseau. Depuis 2004, je blogue (robe de mariée et polaroids) et j’ai podcasté "Les Minutes célibataires" sur mon site pendant 4 ans. Bien sûr, des liens entre blogueurs se créent. Ton idée du commentaire est juste. Le viral s’emballe vite sur la Toile (au Canada ou en Afrique il y a eu des « commentaires » sur ma bande-annonce). N’exagérons pas : le Soir, Le Vif, le Elle... ont simplement réagi par le phénomène du viral ; autrement dit, je ne connaissais pas ces journalistes, ni d’autres blogueurs d’ailleurs. Mais tu le sais, sur Facebook, n’importe qui vient te trouver désormais et peut t’interviewer.
Comme tu le sais, en ayant publié beaucoup de livres, reçu des aides diverses (promotion des Lettres ou autres) à l’écriture et tissé un réseau de relations dans le milieu culturel, le travail de l’éditeur est absolument primordial. C'est lui (elle) qui contacte la presse et envoie les CP longtemps avant la sortie du livre. Ton éditeur réussit à te faire inviter à Mille-feuilles sur la RTB ? Chapeau ! Mais surtout : c’est TON boulot d’écriture que l’on va célébrer. Mon éditrice a contacté certains journalistes qui, au même moment, venaient de voir mon film sur Facebook. A eux de choisir l’axe du sujet qu’ils vont traiter : le projet polymorphe « blog, podcast, livre, film » ou la critique du livre en soi (patience, les critiques du livre vont sévir). Certains feront les deux, tant mieux.
Pour ce qui est du film d’1minutes 40, je le trouve réussi. L’exercice m’a donné envie d’aller plus loin. Beaucoup de « commentaires » positifs sur la bande-annonce me sont envoyés ; or les 7000 personnes qui ont vu la vidéo sur YouTube et les 3500 sur La Libre.be... ne sont pas mes « amis ».
Le débat est plus complexe qu’il en a l’air. Aucun rapport avec le fait de mettre une œuvre aux enchères sur ebay . J’avais envie d’ouvrir une porte dans le débat de l’avenir du livre sur Internet, de l’utilisation de ses outils de diffusion et de la manière dont les acteurs du livre agissent face à l’e-publishing (voir mon dernier billet sur les TOCCON à NY et le pastiche). Enfin, ce qui m’intéresse est le travail sur une œuvre polymorphe (radio, web, papier, image) et sa diffusion multiplateforme. Le reste, le « bruit » sur La Toile, aide nos petits égos à se dire qu’on va peut-être un jour pouvoir manger grâce au papier ;-). J’attends avec impatience de lire ton petit dernier sur l’université.

Écrit par : vn | 15/02/2009

Poursuivons l'idée Merci de me répondre avec autant de détail ! Je poursuis donc la discussion, que je trouve intéressante. De mon point de vue, le trailer et les articles n'ont qu'un objectif : amener des lecteurs vers le livre. Mais tu semble voir les choses autrement. Si 7000 personnes ont regardé le trailer et que ton livre se vend à 400 exemplaires, trouveras-tu que la stratégie a fonctionné et que ton oeuvre polymorphe a été appréciée à sa juste valeur ? Je me réjouis de voir que le livre déborde largement des pages culture et bouquin des journaux, qu'il quitte les émissions et blogs littéraires pour toucher de nouveaux publics, je suis moins convaincu quand c'est juste le nom de l'auteur et le buzz qui touchent un public toujours plus large (ce n'est pas un reproche que je t'adresse mais une question que je me pose à mon propre sujet, notamment quand un texte que personne n'a lu fait l'objet d'une polémique dans la presse entre commentateurs, dont un ministre, qui n'ont pas pris les 10 minutes - pas célibataires, celles-là - nécessaires à lire le livre).
En d'autres mots, la publicité autour du livre peut s'amplifier à l'infini, je ne pense que l'oeuvre polymorphe ne commence que quand on peut toucher les lecteurs/spectateurs sur plusieurs formes en même temps (blog et livre, radio et blog...) et avec une force comparable. Sinon, ce n'est pas très différent de la simple pub.
Bon, je ne suis pas certain d'avoir fait avancer le débat, là. Mais je sens tout de même qu'il y a une frontière importante et fort ténue...

Écrit par : Nicolas Ancion | 15/02/2009

Amener des lecteurs vers le livre : c’est le but en effet. Un exemple positif parmi d’autres : depuis le lancement de ma bande-annonce, les visites sur le site de mon éditeur, Luce Wilquin, ont fort augmenté. D’après elle, ce phénomène est nouveau. Et espérons –le positif pour les ventes. On verra dans quelques mois si je peux évoquer des chiffres à 3 zéros ou à deux ! Honnêtement, quand on connaît les chiffres de l’édition en Belgique, il n’y a pas de quoi sourire, ça me donne envie de faire bouger un peu les choses. Le marketing est un outil. La vidéo peut aussi être un plaisir ;-) Dans ce cas-ci, l’excpérience de la production m’a donné envie d’écrire pour l’image. Faut juste trouver le temps de s’y plonger et ça c’est une autre histoire. Que faisons-nous ici d’ailleurs à papoter, hum ? Il est temps de bosser, allez, deux pages à gratter, finie la récré!!

Écrit par : vn | 15/02/2009

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